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Les psychotropes, entre risques et bienfaits

médicaments

Anxiolytiques et somnifères doivent être utilisés sur prescription médicale et pour une durée limitée. Ils peuvent avoir des effets indésirables pour la santé : diminution de la vigilance (à l'origine de nombreuses chutes chez les plus âgés), risque important de dépendance...


© CCMSA

Les Français sont les premiers consommateurs de psychotropes au monde. Notre consommation est 3 à 4 fois plus importante que chez nos voisins britanniques, italiens ou allemands. Les retraités du milieu rural figurent parmi les principaux utilisateurs. Dans 90 % des cas, le traitement est proposé par le médecin généraliste : les psychiatres interviennent plus rarement. Cette famille de médicaments regroupe les antidépresseurs qui stimulent l'humeur, les anxiolytiques qui ont un effet tranquillisant et les somnifères (ou hypnotiques) pour retrouver le sommeil. Leur efficacité est indéniable mais leur prescription doit respecter des recommandations médicales clairement définies.

 

Psychotropes et dépendance

 

Beaucoup d'utilisateurs d'anxiolytiques et d'hypnotiques sont des consommateurs réguliers. Or ces traitements, pour des raisons médicales, doivent être d'une durée limitée et réévalués régulièrement par le médecin. La dépendance vis-à-vis de ces médicaments représente un risque réel.

  • Les antidépresseurs : à condition que les patients n'augmentent pas spontanément les doses, les antidépresseurs n'entraînent pas de dépendance physique. Cependant, il peut exister une dépendance psychologique, due essentiellement à la fonction sécurisante des médicaments. Une réduction brutale de la posologie peut ainsi être à l'origine de symptômes physiques bénins : vertiges, nausées, sueurs. Ces effets ne se produisent pas si la posologie est réduite progressivement.
  • Les anxiolytiques ou tranquillisants sont indiqués principalement dans les états anxieux, parfois l'insomnie ou le sevrage (notamment alcoolique). Ils ont comme effets principaux d'apaiser l'anxiété, de détendre les muscles, et d'abaisser le tonus en général (effet sédatif). Il existe des effets secondaires, en particulier la somnolence, qui peuvent être dangereux, notamment pour les conducteurs de véhicules et de machines. Un grand nombre des tranquillisants prescrits sont à base de benzodiazépine, une substance induisant un risque de dépendance physique et psychique. Une personne sur dix en consomme régulièrement. On estime à 7 % la proportion de consommateurs que la prise régulière expose au risque de dépendance.
  • Les hypnotiques ou somnifères diminuent la vigilance et provoquent le sommeil. Comme les tranquillisants, les somnifères les plus prescrits appartiennent à la famille des benzodiazépines. Ils sont parfois ingérés à doses massives, ou associés à d'autres produits, comme l'alcool, qui en potentialisent les effets et redoublent les phénomènes de dépendance psychique et psychologique.

Age et psychotropes ne font pas bon ménage

 

Selon l'Assurance maladie, la consommation de psychotropes augmente fortement avec l'âge. Plus de la moitié des femmes de 70 ans, et plus d'un tiers des hommes, prennent ces médicaments ! De nombreux retraités, atteints d'anxiété ou d'insomnie, consomment par exemple un anxiolytique en guise de somnifère.

 

Hormis le risque de toxicité accru chez la personne âgée, (à partir de 65 ans, les tranquillisants et les somnifères entraînent plus facilement tolérance et dépendance), il faut souligner que ces médicaments peuvent représenter un autre risque : les psychotropes seraient responsables d'environ 20 à 30 % des chutes chez les personnes âgées ! La prise de somnifères diminue, par exemple, les réflexes et l'équilibre. Elle peut entraîner une chute et une réaction en chaîne : fracture du col du fémur, perte d'autonomie...

 

L'Assurance maladie note également que beaucoup de psychotropes peuvent avoir, chez ces patients, des effets secondaires : troubles confusionnels (perte de mémoire, désorientation...) et cardiaques notamment.

 

Le médicament n'est pas toujours la solution. Pour lutter contre l'insomnie ou l'anxiété, il existe des alternatives. En adoptant une bonne hygiène de vie, il est possible de contrer nombre de petits désagréments. A tout problème de la vie, ne correspond pas toujours un médicament !

 

Source : CCMSA

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