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Voir le dépistage autrement

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Pour guérir du cancer, le rôle du dépistage est primordial. Détecter un début de cancer ou un cancer avant qu'il se manifeste symptomatiquement, conduit à sa guérison dans presque 100% des cas.

Même si les progrès de la médecine et de la recherche en matière de lutte contre le cancer ont été conséquents ces dernières années, le dépistage précoce reste l'un des meilleurs moyens de lutter contre cette maladie. Découvert à temps, un cancer peut être guéri. Il n'y a pas d'hésitation à avoir. Si vous êtes invité(e) à un dépistage, faites la démarche sans crainte.

Trop de personnes ont encore le réflexe de fuir. Pour elles, ne pas passer l'examen, c'est ne pas savoir, ne pas chercher la maladie. Et pourtant, voir la vérité en face peut sauver la vie.

 

Cancer du sein

 

Sous l'impulsion du ministère de la Santé, avec l'Assurance maladie et les conseils généraux, le dépistage organisé du cancer du sein a été  étendu à l'ensemble du territoire français en 2004.

 

Toutes les femmes de 50 à 74 ans sont invitées tous les deux ans, par courrier, à participer au dépistage organisé du cancer du sein. Il permet de déceler très tôt d'éventuelles anomalies, en l'absence de tout symptôme. L'objectif est de détecter les tumeurs cancéreuses de moins d'un centimètre, plus faciles à guérir.

 

Les patientes sont libres de prendre rendez-vous avec le radiologue de leur choix, parmi la liste jointe à l'invitation. Celui-ci examine et réalise une mammographie complète, c'est-à-dire deux radiographies par sein et donne une première interprétation des résultats.

 

Ces examens sont sûrs, ils sont réalisés par des radiologues spécialement formés, dans des centres agréés où les appareils sont contrôlés. Le dépistage généralisé du cancer du sein est d'autant plus fiable que chaque cliché est envoyé à un second radiologue. Ce qui sécurise encore le dispositif, puisqu'il est avéré que 10 % environ des cancers non décelés en première lecture le sont à la seconde. Un avantage supplémentaire comparé au dépistage individuel qui ne propose qu'une lecture.

 

En France, le cancer du sein frappe 43 000 femmes chaque année. Grâce au dépistage et aux progrès de la médecine, le nombre de décès a été ramené à 9 000 par an, soit deux fois moins qu'il y a vingt ans. Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein a augmenté d'un tiers entre 2003 et 2004, selon un bilan effectué en mai 2006 par l'Institut de veille sanitaire. Ce taux était de 33 % en 2003. Il atteint 45 % en 2005. Cette tendance est encourageante, mais cache de grandes disparités selon les départements. Le taux de participation s'élevait en 2003-2004 à 50,7 % en Mayenne, 49,4 % dans l’Orne et 57,1 % en Sarthe. Malgré une progression régulière, la participation est encore loin des indicateurs européens qui fixent un objectif de 70 % pour que ce programme soit significatif en terme de réduction de mortalité.

 

Cancer de l'intestin

 

Avec plus de 36 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, le cancer du gros intestin (côlon et rectum) est le plus fréquemment rencontré. En dépit d'une amélioration du pronostic au cours des dernières années, le taux de survie à cinq ans reste faible, de l'ordre de 50 %. Lorsque le mal est pris au stade initial, le taux de survie à cinq ans est de 90 %. Dans les départements où le dépistage du cancer de l'intestin a été organisé, la mortalité liée à celui-ci a chuté de 18 à 20 %.

 

En Mayenne et dans l'Orne, il existe, depuis juin 2004, une campagne de dépistage organisé du cancer colorectal qui s'adresse aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans. La Sarthe entrera dans le dispositif dès l'année prochaine.

 

Si vous ne présentez pas de prédisposition familiale, le test de dépistage, appelé Hémoccult II, s'avère très efficace s'il est pratiqué tous les deux ans à partir de 50 ans. Il consiste à détecter la présence de sang invisible dans les selles.

 

La MSA invite par courrier les personnes concernées à se rendre chez leur médecin traitant pour bénéficier du dépistage gratuit. Le médecin remet le test et apporte les explications nécessaires. Il implique une participation active du patient, car il repose sur la collecte des selles à la maison. Ensuite, le centre de lecture interprète le test et adresse les résultats au patient et au médecin, sous 48 heures environ. En cas de test positif, le patient est invité par le centre de lecture à retourner chez son médecin traitant qui l'orientera vers un gastro-entérologue en vue d'une coloscopie.

 

Le meilleur moyen pour diagnostiquer un cancer débutant, particulièrement lorsqu'il existe des antécédents familiaux, est de pratiquer une coloscopie. Elle consiste à introduire par l'anus un long tuyau souple muni de fibres optiques, qui permet d'examiner la paroi de l'intestin. Cet examen est le plus souvent réalisé sous anesthésie générale donc indolore, et n'impose pas d'hospitalisation. Il est conseillé de le réaliser tous les cinq ans à partir de 45 ans lorsque l'on a un parent qui a été atteint de cette maladie avant 60 ans.

 

Grâce notamment à ces dépistages précoces, alors que l'on ne guérissait pas du cancer, ou si peu, il y a seulement trente ans, on sauve aujourd'hui plus d'une personne sur deux. Le dépistage organisé a permis d'enrayer la progression du cancer du sein. Concernant le cancer colorectal, les progrès sont encore trop lents. Alors, profitons de la chance qui nous est donnée de pouvoir nous faire dépister.

 

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