Quand un jeune effectue un stage, il cherche à "apprendre en travaillant". Son maître de stage est responsable de l'organisation de sa sécurité.
Lors de l'accueil, il est impératif de lui présenter les caractéristiques de l'exploitation ou de l'entreprise :
- la production ou l'activité,
- la main-d'oeuvre, les intervenants extérieurs,
- les bâtiments, les installations et le matériel,
- les risques professionnels,
et aussi de lui indiquer :
- les lieux de vie,
- l'emplacement de la trousse de secours, des extincteurs.
Faire le tour de l'exploitation
L'exploitant fait le tour du site avec son stagiaire. Il lui explique les risques principaux et s'assure de son niveau de compétence, de ses capacités à évaluer les risques et à les maîtriser. Il lui décrit le mécanisme des matériels qui lui seront confiés : méthodes d'attelage, différentes fonctions, mises en route... Il doit insister sur les manoeuvres dangereuses, en particulier les risques liés au débourrage de la désileuse ou de la presse à fourrage. Ces manœuvres sont réalisées impérativement machine à l'arrêt. Les machines d'intérieur (vis à grain, tapis, broyeur...) doivent faire l'objet de vérifications.
Les soins aux animaux font souvent partie des activités confiées au stagiaire. Là encore, le maître de stage s'assure du niveau réel de ses compétences. Sait-il observer les animaux, anticiper leurs réactions ? Le maître de stage donne au jeune l'occasion d'acquérir un nouveau savoir-faire.
L'accueil doit être personnalisé et prendre en compte le profil du stagiaire :
- son âge, son expérience, ses motivations ses compétences,
- sa durée de stage.
Le maître de stage doit s'assurer que le jeune a bien compris les consignes et qu'il est en mesure de les appliquer, à l'aide des moyens à sa disposition.
Travaux spécifiques
Si la convention de stage le prévoit, le stagiaire peut réaliser des travaux spécifiques. L'entretien et l'aménagement des bâtiments réalisés en hauteur imposent des précautions particulières de protection contre les chutes. L'exploitant doit les connaître, savoir utiliser les équipements adéquats.
En cas d'utilisation de la tronçonneuse à bois, un équipement de sécurité (casque, gants et pantalon de sécurité) doit être fourni au stagiaire. Le chef d'exploitation doit lui-même bien maîtriser ces travaux très spécialisés. Pour optimiser le stage, il faut que chacun fasse le point de ses propres compétences et du niveau de sécurité de l'exploitation.
Lors d'une embauche, d'un changement de poste, d'une évolution technologique, tout chef d'établissement est tenu d'organiser une formation pratique et appropriée en matière de sécurité. (art.L 231-3-1 du Code du travail)
Deux textes récents rappellent l'obligation de sécurité sur l'exploitation :
- le premier, sur la mise en conformité des machines mobiles et des appareils de levage (décret et arrêté du 2 décembre 1998),
- le second, sur l'évaluation des risques (décret du 5 novembre 2001). L'employeur doit indiquer et mettre à jour dans un document unique, les résultats de l'évaluation des risques réalisée sur son entreprise. Ce document peut servir de support à la réflexion et à l’échange sur les risques professionnels, l'organisation de l'entreprise et la prévention.
Réglementation
Certains travaux exposant au bruit, aux substances chimiques, aux substances cancérigènes et mutagènes sont interdits aux moins de 16 ans. Il en est de même pour la conduite de tondeuses et d'engins automoteurs à essieu unique (motoculteurs, motobineuses...). Toutefois, il est possible de demander une dérogation à l'inspection du travail sous réserve de l'avis d'un médecin et de la personne de l’équipe pédagogique qui suit le jeune.
Les jeunes de 16 et 17 ans ne doivent pas conduire de tracteurs agricoles non munis de dispositifs de protection contre le renversement, ou de moissonneuses-batteuses, machines comportant des mouvements multiples (ramasseuses-presses, ensileuses, pelles mécaniques...).
Formation en milieu scolaire
La formation des jeunes en agriculture s'effectue souvent en partenariat entre les établissements d'enseignement et le milieu professionnel. Sont impliqués les formateurs et les maîtres de stage ou d'apprentissage. L'accueil du jeune engage la responsabilité des uns et des autres.
Responsabilité morale : former un jeune sur une exploitation ou une entreprise agricole entraîne des obligations par rapport à des objectifs définis avec l'établissement d'enseignement et le jeune lui-même.
Responsabilité civile : elle concerne l'obligation de réparation en cas d’accident. La MSA peut se substituer à l'employeur pour assumer cette réparation, sous certaines conditions qu'il convient de vérifier.
Responsabilité pénale : elle peut entraîner une peine ou une sanction en cas d'infraction soit au Code du travail, qu'il y ait accident ou non, soit au Code pénal, en cas d'accident.
A noter : avant le stage, le chef de l'établissement scolaire est tenu d'organiser une réunion d'information sur les risques professionnels à destination des élèves, des chefs des établissements d'accueil, des équipes pédagogiques et des parents.