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Arbres à cardans

arbre à cardans

De nombreux utilisateurs d'arbres de transmission à cardans remettent en cause la fiabilité du dispositif de protection. Les conclusions d'une récente enquête vont à l'encontre des idées reçues.

En mars 2000, le Bureau de coordination du machinisme agricole a alerté les pouvoirs publics sur la fragilité des protecteurs d'arbres de transmission à cardans. "Face aux récriminations entendues, il était nécessaire d'établir un constat objectif" indique Alain Bernou, conseiller de prévention MSA.

 

En 2000/2001, une enquête commune ministère de l'Agriculture et de la Pêche / Groupama / MSA a été menée avec pour objectifs :

  • d'évaluer l'état réel des protecteurs,
  • de rechercher les causes des dégradations observées,

Le département de l'Orne a été sollicité pour cette collecte d'informations. Près de 1 800 questionnaires ont pu être exploités par la Caisse centrale de la MSA.

 

Des protecteurs peu entretenus

 

Les prises de position alarmistes sur la fiabilité des protecteurs ont été relativisées puisqu'on a pu constater que l'âge moyen des protecteurs complets et en bon état est supérieur à 3 ans. Comme toutes pièces d'usure, les protecteurs ne sont pas éternels et doivent être remplacés régulièrement.

 

Toutefois, avec seulement 17,5 % de protecteurs complets et en bon état, l'état global des protecteurs d'arbres de transmission à cardans en service reste très insuffisant. D'un point de vue réglementaire, le Code du travail impose un maintien en conformité avec les règles techniques applicables au moment de la mise en service (article R 233-1-1 du Code du travail) et une vérification périodique tous les 12 mois. Les résultats de l'enquête indiquent sans nul doute que ces obligations ne sont pas respectées.

 

La fragilité de certains protecteurs est mise en avant par de nombreux utilisateurs pour expliquer ces résultats insatisfaisants. Ils soulignent l'effet de l'usure et des dégradations accidentelles. On peut effectivement s'interroger sur la sélectivité des tests de certification préalables à la mise sur le marché et sur les éventuels écarts entre les protecteurs mis sur le marché et les modèles certifiés. Des différences non négligeables ont en effet été observées en fonction de la marque du protecteur.

 

Par ailleurs, les problèmes d'identification (marque, modèle) rencontrés au cours de l'étude (19 % des protecteurs) soulignent le paradoxe existant entre une réglementation exigeant un marquage indélébile et la réalité du terrain. De même, la difficulté d'identification des transmissions (30 % des cas) pose un réel problème pour la recherche de pièces de rechange du protecteur.

 

Des dégradations liées aux utilisateurs

 

Cependant, même si le manque de solidité explique tout aux yeux de certains utilisateurs, l'étude montre aussi que les opérateurs sont souvent directement impliqués dans le processus de dégradation du protecteur. Suppression délibérée, insuffisance de graissage du protecteur, fausses manoeuvres sont en grande partie à l'origine du mauvais état ou de l'absence des protecteurs. L'absence totale de dispositif de protection est le fait de l'utilisateur dans 45 % des cas.

 

En résumé, cet état des lieux suggère dans un premier temps un réexamen des normes en vigueur. Des réflexions sont à mener tant au niveau de la transmission en elle-même (accès au graisseur, fonctionnalité du protecteur) que sur la conception générale de la liaison tracteur-outil (compatibilité des attelages, support de remisage de l'arbre, angles de braquage). Déjà, plusieurs fabricants ont mis sur le marché des systèmes innovants qui améliorent à la fois la sécurité et la facilité d'utilisation.

On peut également évoquer l'intérêt des liaisons hydrauliques : la transmission mécanique est remplacée par un moteur hydraulique actionné par de l'huile sous pression fournie par le tracteur. Bien que peu répandue, cette solution mérite d'être envisagée, en particulier pour des outils ne nécessitant pas une puissance importante.

 

Cette étude a aussi démontré la nécessité d'améliorer la sensibilisation et la formation des utilisateurs (connaissance des risques, modes opératoires, entretien des protecteurs et transmissions). Dans ce domaine, les professionnels du machinisme agricole (distributeurs, conseillers, enseignants) sont des partenaires importants qui peuvent jouer un rôle dans la prévention des risques liés à l'utilisation des arbres de transmission à cardans.

 

 
Depuis le 5 décembre 2002, toutes les machines mobiles dans une exploitation, une Cuma, une entreprise agricole... doivent être mises en conformité avec le Code du travail et suivre les directives européennes en matière de sécurité.
 
Désormais, tout défaut de conformité relève de la responsabilité civile, voire pénale de l'employeur. Cette réglementation porte sur les équipements mis en service à l'état neuf, avant le 1er janvier 1993.
 
Cette mise en conformité s'accompagne également d'une analyse des risques potentiels et d'une évaluation de la dangerosité. Cette démarche doit être transcrite dans un document unique écrit. Sont indiquées les mesures d'organisation qui s'imposent : conduite réservée à certaines personnes, restriction d'emploi d'un matériel pour certaines tâches...
Pour tout complément d'information sur la mise en conformité des matériels ou sur la procédure d'évaluation des risques, contactez notre service Prévention des risques professionnels. Il pourra vous apporter une aide précieuse.
 
 
 

 

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